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lundi 14 mai 2007, 18h47
ISLAMABAD (AP) - La crise judiciaire et politique s'approfondit au Pakistan. Karachi, la plus grande ville du pays, était paralysée par la grève générale lundi, alors qu'un haut responsable administratif de la Cour suprême a été assassiné à Islamabad. Syed Hamid Raza a été tué à son domicile dans un quartier résidentiel de la capitale, mais selon la police, le motif de cet acte était criminel, et non lié au bras de fer en cours. Le Pakistan est plongé dans une crise judiciaire et politique depuis la décision prise le 9 mars dernier par le président Pervez Musharraf de suspendre de ses fonctions le président de la Cour suprême, Iftikhar Mohammed Chaudhry, accusé par le régime d'abus de pouvoir. Les détracteurs de Musharraf affirment qu'il a voulu se débarasser d'un juge par trop indépendant, éliminant ainsi un éventuel obstacle juridique alors que Musharraf devrait briguer à l'automne un nouveau mandat de cinq ans à la présidence. Le week-end a marqué une grave escalade dans la crise: Des violences entre opposants et partisans du pouvoir ont fait au moins 41 morts et plus de 150 blessés ces deux derniers jours à Karachi. Lundi, les magasins étaient fermés et la circulation quasi-inexistante dans l'immense ville portuaire, où les forces de sécurité ont désormais le droit de tirer à vue sur les émeutiers après les violences du week-end, les pires dans le pays depuis de longues années. L'opposition avait appelé à la grève générale pour ce lundi, très bien suivie à Karachi, capitale du Sindh, ainsi que dans d'autres villes de la province. La grève était également suivie, à divers degrés, dans la capitale nationale Islamabad, ainsi que dans les trois autres capitales provinciales, Lahore, Peshawar et Quetta. A Lahore, quelque 8.000 personnes ont défilé, réclamant le départ du président Musharraf et dénonçant Altaf Hussain, chef du parti pro-gouvernemental MQM (Mouvement Mutahida Qaumi), auquel est attribuée la responsabilité principale des violences du week-end. Et la presse nationale n'était pas tendre avec le président. Le "Daily Times" l'accuse d'"action brutale pour arrêter le président de la Cour suprême, au prix de 40 morts". "Quel message est envoyé aux Pakistanais ordinaires, au monde entier et à ceux qui fomentent la violnence, quand l'Etat choisit d'abdiquer son devoir d'assurer la sécurité d'une manière aussi flagrante que ce que nous avons vu au cours du week-end?", s'interroge le "Daily Times". AP mgh/v81/nc
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